Une représentation tirée du compte imaginé par Madeleine Deleu et illustré par Viviane Douchies ; Antoine et les maîtres du ruban
Un jour, alors qu'il avait déjà feuilleté des tas de livres, il aperçoit quelque chose qui est coincé derrière une série de BD.
- Tiens, se dit-il, qu'est-ce que c'est que ça ? Un livre que je n'ai jamais vu. Comme c'est drôle ! Il est fermé par une fermeture à glissière ! Bien vite, Antoine le prend et lit sur la couverture : « Au travail avec les Rubaniers »
- Rubaniers, rubaniers... J'ai souvent entendu maman prononcer ce mot en parlant du métier de grand-père.
En effet, Antoine avait demandé à sa maman de lui expliquer en quoi consistait le métier de ce papy qu'il n'avait pas connu mais, jamais elle n'avait eu le temps de lui en parler. Il est vrai que sa maman travaille et que ses journées sont très chargées.
lecture quand ... Oh !... que se passe-t-il ???
Voila qu'une énorme machine sort du livre et qu'une voix étrange se met à lui parler.
- « Je suis la machine à remonter le temps... Je sais que tu aimerais connaître la vie des Rubaniers. Veux-tu monter à bord et faire un voyage extraordinaire au pays des maîtres du ruban ?
- Euh... Est-ce que c'est dangereux ?
- Pas du tout, mais il y a une règle que tu dois absolument respecter : tu ne peux rien toucher sans mon autorisation et tu dois être très attentif à tous mes ordres.
- Je suis d'accord, dit Antoine.
Ah. se dit-il, je vais enfin avoir les explications que je demande depuis si longtemps !
Bon, ... bonjour monsieur
- C'est toi, l'apprenti dont on m'a parlé ? Tu viens pour apprendre à tisser ? Alors regarde bien. Tu auras vite compris comment faire le travail.
- Tu dois d'abord installer les fils de chaîne. Tu dois les faire monter et tu les tends avec ces poids, puis tu les fais passer un à un dans ces petits bouts de fer qu'on appelle des lisses et tu les attaches sur ces barres de bois. Ensuite... mais, viens t'asseoir à côté de moi, tu comprendras mieux. Ensuite, tu prends la navette sur laquelle il y a un autre fil : le fil de trame. Tu la passes entre les fils tendus et avec le peigne, tu pousses le fil à sa place. Mais ATTENTION N'oublie jamais de croiser tes fils en appuyant sui ces pédales sinon, ton tissage ne se fera pas !
- Compris, dit Antoine. Après quelques minutes de travail, il est tout heureux.
- Ca y est ! Je sais tisser ! Comme c'est amusant ! Je ferais bien cela toute ma vie...
C'est alors qu'il entend la voix de la machine qui le rappelle à l'ordre.
- Hé oh ! Tu ne crois pas que tu vas rester ici longtemps ?
On a encore beaucoup de chemin à faire. Allez, remonte à bord Nous partons chez Philippe Hovin.
Ils arrivent bientôt chez un monsieur très riche qui vendait des fils de lin.
- A quelle époque sommes-nous donc ? demande Antoine à la machine.
- Au 18e siècle, en 1719. Nous avons parcouru 300 ans en quelques secondes.
- C'est génial, répond Antoine ! Monsieur Hovin paraissait soucieux.
- Eh bien, on peut dire que tu arrives juste à temps. Je viens d'apprendre qu'un de mes rubaniers a besoin d'un coup de main. Son fils est malade et il doit absolument terminer une commande importante. Tu pourras donc le remplacer.
- Mais... dit Antoine. Je... je ne connais pas votre machine et, en plus, je suis bien jeune pour travailler !
- Pas d'importance, réplique monsieur Hovin ; le rubanier aura vite fait de t'expliquer le fonctionnement du métier. Quant à ton âge, son fils est encore bien plus jeune que toi.
Monsieur Hovin avait raison.
C'était bien plus facile de mettre ce métier en mouvement. On ne devait plus croiser les fils avec des pédales, ni passer
les navettes à la main. On actionnait une grande barre et tout se faisait tout seul. De plus, on y tissait 5 rubans en une seule fois.
- Pas si mal, se dit Antoine. Bien plus rapide et moins fatigant que le métier précédent.
Ce qu'Antoine ne savait pas encore, c'est qu'il devait rester devant son métier du matin jusqu'au soir pour actionner la barre et qu'il ne pouvait même pas s'amuser quelques instants avec d'autres enfants de son âge qu'il entendait rire dehors. Quel soulagement donc, quand il entendit la voix de la machine qui l'appela.
- Alors. tu viens ? On va maintenant dans un endroit où presque tout ie travail se fait tout seul,
Ils arrivèrent bientôt dans une grande usine. Des dizaines de métiers y tournaient dans un bruit infernal. Un ouvrier s'approcha d'Antoine. Il était vêtu d'un grand tablier bleu, une casquette, un foulard rouge à pois blancs et, aux pieds, il portait des sabots. C'était un « Bleu Vinte ».
- Bonjour, petit ! cria-t-il.
- Bonjour, monsieur ! Quel vacarme ! C'est à peine si on s'entend
- Ne t'inquiète pas, on s'y habitue ! Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?
C'est simple, répond le rubanier. C'est grâce à la vapeur.
- La vapeur ?
- Hé oui. Tu vois cette grosse chaudière là-bas. On y fait bouillir de l'eau qui produit de la vapeur, comme celle qui fait avancer les locomotives. C'est cette vapeur qui va faire travailler la machine. Viens, aide-moi, on va la mettre en mouvement.
Et le rubanier actionne la machine avec Antoine.
- Tu n'as donc plus rien à faire, maintenant qu'elle tourne, dit Antoine.
- Oh que si !! Regarde ! Voilà un fil qui vient de casser.
Je dois le réparer au plus vite, sans perdre de temps. De plus, je dois m'occuper de 4 métiers en même temps. Je dois donc être très attentif. Et c'est dangereux aussi. La semaine dernière, un ouvrier s'est laissé surprendre et son bras a été broyé !
Comines : si on attachait tous les morceaux ensemble, on pourrait faire 1 000 fois le tour complet de la terre.
- C'est énorme, dit Antoine.
Antoine écoutait attentivement les explications quand tout à coup, un énorme bruit se fit entendre.
- Vite, vite !!! Remonte à bord du vaisseau, lui cria la voix. C'est la guerre ! On bombarde la ville ! Allons nous mettre à l'abri !
Et les voilà repartis dans le temps.
Ils ne reviennent à Comines que 4 ans plus tard, en 1918. Antoine se promène dans les rues, mais n'y voit que des ruines.
- Quel désastre ! dit-il.
C'est alors qu'il entend derrière lui une voix douce qui lui murmure :
- Ce n'est pas grave, mon petit. Viens avec moi. J'ai quelque chose à te raconter et à te montrer.
- Qui es-tu ? Tu ressembles très fort à la photo de mon papy André qui se trouve sur le meuble du salon.
- Grand-père !!! Comme je suis heureux !
- Mais je crois savoir que tu as déjà compris comment on travaillait il y a très longtemps.
- Oui, papy. Je me suis déjà promené chez les chevaliers, chez Philippe Hovin et dans l'usine à vapeur.
- Et bien moi, je vais te montrer tout ce qu'on a fait après cette terrible guerre. Viens, nous allons faire un bout de chemin ensemble.
Et papy André se mit à expliquer.
- Comme tu peux le voir, on a tout reconstruit et on a fabriqué des machines bien plus belles et qui tournent bien plus vite qu'avant. Regarde !
Et André est fier de faire fonctionner pour son petit fils ces métiers sur lesquels il a travaillé toute sa vie. Antoine est émerveillé. Il ne perd pas un mot de ses explications.
- Ici, on dirait des petites lunes qui dansent dans le ciel. Là, le métier s'arrête tout seul quand le fil casse.
- Est-ce que tu as travaillé longtemps sur ces métiers, papy ?
- Oh oui ! Jusqu'à ce que mes vieilles jambes ne m'ont plus permis d'aller à l' usine. Ah ! J'en ai vu tourner des machines
Et des changements ! Toujours plus... toujours de plus en plus vite
- Tiens, suis-moi, je vais t'en montrer une qui va t'impressionner par sa vitesse. Et, comme tu me sembles si intéressé, c'est toi qui pourras l'actionner.
Et la machine à aiguille se mit en mouvement.
- C'est fabuleux, papy ! Comme c'est rapide !
- Mais, tu sais, le papy de mon copain Louis travaillait lui aussi dans une rubanerie et il m'a raconté que lui tissait des écussons
avec un beau dessin de marmouset. Est-ce que toi aussi tu as fait ça ?
- Non, mon petit, mais je peux te montrer comment le papy de ton copain tissait ces beaux rubans. Vois-tu, un monsieur a dessiné le marmouset puis un autre en a fait des cartons remplis de petits trous (comme les cartons qui font de la musique sur l'orgue de barbarie de monsieur Vitalis dans le film de Rémi le petit orphelin) et c'est grâce à tous ces petits trous que le dessin va se tisser. Cela s'appelle du jacquard.
- Comme c'est beau, papy !
Antoine ! Antoine ! dépêche-toi. Il est temps pour toi de ressortir du livre. Quand la fermeture à glissière se sera refermée, tu y resteras prisonnier pour l'éternité !
Alors, Antoine comprit que son aventure touchait à sa fin. La dernière page du livre magique se tourna. Il referma doucement la fermeture à glissière et brusquement, il se retrouva dans le monde réel de sa bibliothèque. A cet instant cependant, il était heureux. Avec son livre, il venait de vivre une aventure merveilleuse. Il savait maintenant comment son grand-père avait travaillé et combien il avait été fier de faire partie de cette grande famille d'ouvriers, celle des rubaniers cominois.
- Comme c'est beau, papy !
Antoine ! Antoine ! dépêche-toi. Il est temps pour toi de ressortir du livre. Quand la fermeture à glissière se sera refermée, tu y resteras prisonnier pour l'éternité !
Alors, Antoine comprit que son aventure touchait à sa fin. La dernière page du livre magique se tourna. Il referma doucement la fermeture à glissière et brusquement, il se retrouva dans le monde réel de sa bibliothèque. A cet instant cependant, il était heureux. Avec son livre, il venait de vivre une aventure merveilleuse. Il savait maintenant comment son grand-père avait travaillé et combien il avait été fier de faire partie de cette grande famille d'ouvriers, celle des rubaniers cominois.
1 commentaire:
Je voudrai remercier toutes les personnes qui ont mis en oeuvre ce spectacle, sans les citer de peur d'en oublier.C'etait un travail laborieux et difficile avec ces petits bouts mais un reel plaisir aussi. Merci aux enfants d'avoir jouer le jeu et aux parents de les avoir amenés ce samedi. Bravo a tous c'etait genial.
Une maman
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