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8.12.20

Porcherie infractionnelle à Comines Ten-Brielen : L'EXPLOITANT ANVERSOIS DEMANDE LA REGULARISATION

 

Communiqué de presse de l’asbl CADEC et du Collectif « Stop aux élevages démesurés » à propos du suivi des infractions commises dans la reconstruction  de porcheries industrielles à Comines Ten-Brielen.



En janvier 2017, un permis unique était délivré pour la reconstruction d'une porcherie industrielle, Chemin des Alôs à Comines Ten Brielen. Avec à la clé 1.252 cochons supplémentaires.

En juin dernier, on constate que la réalisation de ce projet par la Société Innoporc de Wuustwezel (Anvers) ne respecte pas du tout le permis, notamment en ce qui concerne les silos installés : ils sont 13 au lieu des 8 autorisés, ils sont beaucoup plus hauts, d'une capacité totale de 700 tonnes au lieu des 120 prévues et sont implantées en front de voirie : un sacré coup de poing dans le paysage !


Le 11 juin, deux associations locales (le collectif "Stop aux élevages démesurés" et le CADEC) ainsi qu'un riverain demandent à la Région wallonne et à la Ville de Comines-Warneton d'ordonner l'arrêt des travaux et leur mise en conformité avec l'autorisation. Le 29 juillet, un avertissement préalable est adressé à Innoporc, enjoignant à la firme à se mettre en ordre dans les 3 mois.

Début novembre, à l'issue de ce délai, les silos sont toujours en place et l'exploitant en demande la régularisation.


Et comme si tout allait de soi, cette demande de régularisation comprend une simple "notice d'incidence", alors que l'augmentation de la capacité des silos notamment résulte d'une modification importante du mode d'exploitation :

  • changement du type de nourrissage (alimentation liquide avec utilisation de sous-produits organiques);

  • ce changement entraînera inévitablement un charroi beaucoup plus important avec des conséquences sur la mobilité et l'état des voiries;

  • la quantité de lisier produite pourrait augmenter (cela dépend de la manière d'alimenter);

  • un nourrissage par soupe comporte des risques en matière d'hygiène (forte charge microbiologique dans les installations) qu'il conviendrait d'évaluer;

  • le fait d'apporter des matières organiques pour l'alimentation pourrait engendrer des odeurs supplémentaires. Comment réagiront-elles lorsqu'un soleil caniculaire chauffera les silos ?

  • le bassin d'orage est déplacé entre les fosses à lisier…

Une nouvelle étude d'incidence (ou au moins un avenant à celle-ci, sous la responsabilité de son auteur) s'imposait. A défaut, on se prive de la sécurité juridique qu'apporte une étude d'incidence.


De plus, la notice comporte des inexactitudes puisqu'il y est indiqué, contre toute évidence, que la modification n'aura aucun impact général sur la circulation.

Elle minimise l'impact paysager, parlant de silos "± 4m50 plus haut que prévu", alors qu'en réalité les silos ont une hauteur de 13m30 au lieu des 6m90 prévus (soit + 6m40 !). De ce fait, les nouveaux silos dépassent nettement tous ceux de la zone (qui ont la hauteur des bâtiments connexes), sont situés cette fois en front de voirie et s'observent de très loin. On peut craindre en outre que ces silos en polyester vieilliront mal.

La notice indique, sans autre précision, la création d'un "léger écran végétal" alors que la zone où étaient prévues des plantations est à présent plantée… de silos…


Mais le problème le plus grave, c'est la méthode utilisée, celle du "fait accompli" : on réalise son projet de manière infractionnelle, sans complexe, puis on demande à le régulariser.

Accepter cela serait envoyer un dangereux message, qui risque de faire des émules.

Les élevages industriels sont déjà un problème dans notre commune. Les mettre en place au mépris des conditions d'octroi est inadmissible.

C'est pourquoi les réclamants s'opposent à cette régularisation. Pour eux, le demandeur doit se conformer à son projet initial, sans préjudice d'amendes dissuasives. Il ne faut pas encourager la venue de demandeurs peu scrupuleux, au risque de les voir déferler sur notre entité.

Joseph Demuysère

Secrétaire du Cadec


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